Sony RX10 V : quelle différence une décennie peut-elle faire ?

24 juillet 2026

Il s’est écoulé neuf ans depuis le lancement du RX10 IV. Qu’apporte le RX10 V, au-delà de quelques améliorations de l’autofocus ?

Richard Butler

Le Sony DSC-RX10 V apparaît au moment où les prix des RX10 IV restants commencent à devenir dérisoires. Près de neuf ans se sont écoulés depuis le lancement du Mark IV mais, malgré les apparences au premier abord, presque tout a changé dans le nouvel appareil.

Éléments matériels de base

Les deux appareils reposent sur les mêmes spécifications fondamentales : un zoom équivalent 24-600 mm à ouverture F2.4-4.0 et des capteurs CMOS empilés de type 1 de 20 MP (116 mm2).

Sony affirme que l’objectif est le même, bien que les longueurs focales soient rapportées différemment sur le flanc du barillet. Notre compréhension est que le RX10 IV indique la longueur focale effective avec corrections appliquées, tandis que le RX10 V énonce les longueurs focales littérales.

On nous a informés que le capteur a été “mis à jour”, mais sans détails sur ce que ces changements impliquent. Le nouvel appareil dispose de processeurs nettement plus puissants et d’algorithmes AF actualisés, il est donc difficile de déterminer lesquels, le cas échéant, des changements de spécifications peuvent être attribués à des différences de capteur. Il semble toutefois notable que Sony ne mentionne plus la DRAM, ce qu’il faisait dans la description de la version précédente.

Ergonomie

Rear corner view of the Sony RX10 V
Le RX10 V n’a plus d’écran sur le dessus, mais bénéficie à la place de petits cadrans élégants, d’un joystick et de diverses améliorations ergonomiques issues de la série Alpha.

L’ergonomie du RX10 V a été retravaillée, principalement pour le mieux. Il présente une prise en main plus confortable, des molettes de commande plus proéminentes sur l’épaule et l’un des gros joysticks AF faciles à positionner que l’on a vus sur les dernières générations d’appareils Alpha. Il perd son écran sur le dessus et son interrupteur du mode de mise au point sur l’avant de l’appareil, et obtient à la place un commutateur AF/MF sur le côté de l’objectif.

L’effet net est positif : le RX10 V donne davantage l’impression d’être l’un des modèles Alpha les plus récents, plutôt qu’un simple boîtier bourré d’options qu’on a l’impression de devoir ouvrir au moyen d’un ouvre-boîte pour y accéder. Il est décevant que les trois molettes de l’appareil (si l’on compte la petite molette maladroite sur le dos) nécessitent toutes d’être actionnées par le pouce : une molette frontale aurait été un atout supplémentaire, mais dans l’ensemble l’appareil est bien plus agréable à prendre en main. Et cela avant même d’aborder les menus qui, tout bien considéré, sont bien plus logiquement organisés, avec les options liées regroupées et étiquetées de manière plus claire.

AF et performance

Le nouvel appareil intègre le dernier système AF de Sony, qui constitue une avancée étonnamment importante. Le RX10 IV avait été le premier de la série à bénéficier de l’autofocus à détection de phase : une avancée majeure par rapport aux modèles antérieurs, et des premiers exemples de détection des yeux et d’autofocus sur les yeux d’animaux. En vidéo, il revenait au système plus ancien et plus lourd « Center Lock-On AF » qui nécessitait un certain nombre d’appuis et manquait de mise au point, ce qui semble inconcevable à l’ère moderne.

Le RX10 V illustre à quel point les choses ont évolué entre-temps. La multiplicité des modes de zone AF persiste, mais elle est désormais épaulée par un système de reconnaissance de sujet capable de gérer une plus grande diversité de sujets, qui fonctionne plus efficacement et est disponible en vidéo. Le creux, quasi d’une décennie, dans les reflexions des compacts haut de gamme semble coïncider avec l’une des périodes les plus soutenues d’amélioration des performances AF et de facilité d’utilisation,

Viseur et écran

Close-up of Sony RX10 V viewfinder and rear controlsRichard Butler

Le viseur et l’écran arrière ont été améliorés par rapport au RX10 IV. Nous ne serions pas surpris de constater que certains éléments sont dus à des composants plus anciens qui ne sont plus disponibles, mais s’il en résulte un meilleur viseur, nous en sommes pour le prix.

Le RX10 V dispose d’un viseur électronique à 3,69 millions de points, soit une résolution de 1280 x 960 px, plutôt que le viseur 1024 x 768 px de son prédécesseur. C’est également un panneau physiquement plus grand, avec des optiques de viseur mises à jour augmentant le grossissement de 0,7x à 0,78x.

L’écran arrière bénéficie d’un coup de pouce plus modeste: 1,62 million de points (900 x 600 px) dans un format 3:2 qui correspond au capteur de l’appareil, plutôt que l’écran 4:3 sur le RX10 IV qui avait une résolution de 800 x 600 px, dont 800 x 533 px étaient dédiés à l’aperçu des images. Dans les deux cas, les écrans s’inclinent vers le haut ou vers le bas, mais ne pivotent pas latéralement.

Vidéos

Pour la quasi-totalité, les capacités vidéo du RX10 V sont grandement améliorées : il peut filmer en 4K jusqu’à 60p sur toute la largeur de son capteur (contre 30p sur le modèle ancien), ou 120p avec recadrage. Le suivi AF est énormément amélioré, il bénéficie du système Auto Framing de Sony qui recadre et suit un sujet pour donner du mouvement à des plans autrement statiques, et il ajoute le mode de stabilisation Steadshot « Active ». Surtout, il obtient la capacité d’enregistrer des vidéos en 10 bits, rendant ses fichiers Log bien plus flexibles qu’auparavant, en particulier le S-Log3. Il permet aussi d’enregistrer en S-Cinetone, et un profil attrayant prêt à l’emploi que nous avons aimé sur d’autres appareils.

Pour être un peu provocateur, le RX10 V n’offre pas la capture vidéo 1080p à 1000fps (960fps en mode NTSC) de son prédécesseur. Qu’il s’agisse d’un manque de DRAM pour bufferiser toutes ces informations, ou parce que Sony a simplement recentré son attention sur des besoins vidéo plus grand public, n’est pas clair. Les séquences n’étaient jamais particulièrement bonnes (principalement parce que chaque image d’une rafale à 1000 fps est composée de peu de lumière), mais c’était une fonctionnalité qui n’était vraiment disponible ailleurs.

Stockage / communication

Side view of the Sony RX10 V with the port door open.
Contrairement à d’autres Sony récents, le second port du RX10 V reste une prise USB Micro-B. C’est essentiellement une porte d’accessoires. La prise USB-C doit être utilisée pour l’alimentation et devrait logiquement être celle utilisée pour le transfert de données.
Richard Butler

Comme on peut l’espérer, le RX10 V accepte désormais les cartes mémoire SD UHS-II, ce qui permet d’écrire et de lire les données bien plus rapidement que le modèle plus ancien, qui utilisait une interface UHS-I. L’UHS-II avait commencé à apparaître dans les caméras près de trois ans avant le Mark IV, il ne s’agit donc pas vraiment d’une mise à jour de la nouvelle caméra, mais plutôt d’atteindre le niveau auquel le IV aurait pu être il y a neuf ans. L’industrie semble peu susceptible d’adopter le format plus récent UHS-III et pourrait même passer à côté de SDExpress, qui est basé sur la même technologie que les cartes CFexpress utilisées ailleurs dans la gamme de Sony.

Le Mark V bénéficie tout de même d’un connecteur USB moderne. Il peut communiquer jusqu’à 10 Gbps et peut être utilisé pour charger la caméra. Il conserve le connecteur USB Micro-B que possédait le IV, afin de rester compatible avec les mêmes accessoires, mais ce port ne peut plus être utilisé pour l’alimentation.

Batterie

A view of the lower corner of the Sony RX10 V, with the battery door open and its NP-FZ100 battery sitting alongsideRichard Butler

Enfin, il y a la batterie. Le RX10 V accueille la batterie nettement plus grande NP-FZ100, qui a plus que le double de capacité de la NP-FW50 utilisée dans le Mark IV. Cela ne se traduit pas nécessairement par le double d’autonomie, peut-être en raison de la puissance de traitement accrue et du viseur de haute résolution, mais on voit tout de même une hausse de l’autonomie de plus de 50 %. Des chiffres de 570 photos par charge via le viseur et 630 photos par charge via l’écran arrière sont largement suffisants pour qu’un photographe ne doive pas s’inquiéter de l’autonomie dans le cadre d’une prise de vues fixes. Comme d’habitude, on s’attendrait à ce que la plupart des utilisateurs obtiennent environ le double de ce nombre de prises, et encore davantage si vous réalisez des rafales.

Global

Il est facile de regarder le RX10 V, de constater que l’objectif et le nombre de pixels sont les mêmes et d’en déduire qu’il s’agit d’une mise à jour mineure. En pratique, presque tous les aspects de l’appareil ont été améliorés. Le RX10 V paraît bien plus coûteux, mais une grande partie de cette impression vient de l’inflation — ou, pour le dire autrement, de la dévalorisation de l’argent dans votre poche — au cours de ces neuf années qui ont amplifié la différence.

Comme toujours, chacun décidera s’il estime qu’un produit mérite son coût, mais en termes d’ergonomie, de performances et de capacités, le RX10 V représente un pas en avant important.

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Élise Marceau

Élise Marceau

Je m’appelle Élise Marceau, et je dirige la rédaction d’Absolut Photo depuis sa création. Passionnée d’image depuis mes études en journalisme et mes premières expériences en presse spécialisée, j’aime explorer les liens entre technologie, création et regard. Ce qui me motive chaque jour, c’est raconter la photo autrement — avec exigence, curiosité et un vrai respect pour celles et ceux qui font vivre cet art.