Le gouvernement américain a imposé une interdiction de facto sur l’importation et la vente de drones neufs et de pièces de drones fabriqués en dehors de ses frontières, y compris ceux des fabricants populaires comme DJI. Bien que les personnes puissent encore faire voler les drones qu’elles possèdent actuellement et que les détaillants puissent vendre les modèles en cours, cela représente un coup dur majeur pour le marché des drones dans le pays.
Un communiqué de presse de la Federal Communications Commission, ou FCC, cite, comme prévu, la sécurité nationale comme raison du changement de politique. Il reconnaît que « les systèmes d’aéronefs sans pilote (UAS), également connus sous le nom de drones, offrent le potentiel d’améliorer grandement la sécurité publique et l’innovation », mais poursuit en disant que « des criminels, des acteurs étrangers hostiles et des terroristes peuvent les utiliser pour présenter de nouvelles menaces graves pour notre patrie ». Il énumère des événements majeurs, comme la Coupe du Monde de la FIFA 2026 et les Jeux olympiques d’été 2028, comme des raisons potentielles de « protéger » son espace aérien.
La politique n’est pas une interdiction pure et simple de vendre des drones étrangers
La politique n’est pas une interdiction pure et simple de vendre des drones étrangers. En revanche, elle rend impossible que la FCC autorise de nouveaux drones ou des pièces critiques de drones* si elles sont fabriquées dans un pays étranger. Cependant, le résultat final est que tout drone qui ne bénéficie pas actuellement de cette autorisation ne pourra pas être légalement importé ou vendu aux États‑Unis sans l’approbation explicite du Département de la Défense ou du Département de la Sécurité intérieure. Encore une fois, cela n’affecte pas les drones que les Américains possèdent actuellement (à l’exception, peut‑être, de la disponibilité de pièces de rechange).
Cette démarche était attendue depuis longtemps. Le gouvernement américain menace depuis des années d’interdire les drones de DJI, qui constituent la grande majorité du marché, d’une manière ou d’une autre. Sa mesure la plus récente consistait à exiger un audit de sécurité des produits de l’entreprise avant le 23 décembre, puis à ne pas réaliser cet audit, mais les efforts se sont étendus à toutes les branches du gouvernement, sous plusieurs administrations.
Un porte-parole de DJI a déclaré à Politico qu’il était « déçu » par la nouvelle politique. La société a clairement vu venir le coup, car bon nombre de ses produits récents (drones ou autres) n’ont pas été officiellement lancés aux États‑Unis. Cela malgré le fait que l’entreprise nous ait dit que le Mavic 4 Pro disposait « de toutes les autorisations et dérogations nécessaires, y compris la certification FCC, pour la vente aux États‑Unis ».
Les drones sont évidemment des outils utiles pour les photographes et les vidéastes, mais ils sont également devenus vitaux dans d’autres secteurs tels que la foresterie, l’agriculture, les inspections industrielles et plus encore. Alors que le communiqué de presse de la FCC affirme que cette mesure va « libérer la domination des drones américains », il n’est pas clair quelles entreprises américaines sont prêtes à prendre le relais pour concevoir et fabriquer des drones qui soient aussi abordables ou faciles à utiliser que ceux disponibles chez DJI et ses concurrents.
* – Interdire l’autorisation des pièces ferme l’évidente échappatoire consistant à vendre chaque pièce séparément, et à donner aux utilisateurs des instructions sur la manière de les assembler