La semaine dernière, Canon a annoncé le EOS R6 III, une mise à jour de son appareil sans miroir plein format destiné aux passionnés. Il gagne un nouveau capteur, des spécifications vidéo nettement plus performantes et des améliorations du système autofocus.
Notre première revue approfondit la façon dont le EOS R6 III se compare à son prédécesseur, nous éviterons donc de revenir sur ce terrain ici. En revanche, nous discuterons des trois concurrents majeurs : le Nikon Z6III, le Panasonic S1II et le Sony a7 IV.
Prix
Aux États-Unis, le EOS R6 III, le Z6 III et le a7 IV affichent des prix globalement similaires, le S1 II se détachant en tant que modèle nettement plus cher que les autres. Cela dit, ce n’est pas une anomalie à l’échelle mondiale, puisqu’il et le EOS R6 III se situent à quelques centaines de livres sterling de plus que les deux autres modèles.
| Canon EOS R6 III | Nikon Z6III | Sony a7 IV | Panasonic S1II | |
|---|---|---|---|---|
| MSRP (US / UK) | $2800 / £2800 | $2700 / £2500 | $2700 / £2400 | $3200 / £2900 |
La chose à noter au sujet du R6 II est que Canon le maintient dans sa gamme à 2299 $. C’est toujours un appareil extrêmement capable, et ceux qui prennent surtout des photos voudront probablement évaluer combien il est utile d’obtenir une résolution supérieure et des améliorations de son système autofocus (encore compétitif).
Résolution et vitesse de lecture
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Le EOS R6 III et le a7 IV sont des modèles de résolution plus élevée qui utilisent des technologies de capteur plus familières, comportant des capteurs 33 MP FSI et 33 MP respectivement. Nikon et Panasonic, quant à eux, utilisent tous deux un capteur 24 MP « partiellement empilé », qui emploie des circuits plus complexes pour améliorer drastiquement les vitesses de lecture par rapport à des conceptions plus traditionnelles.
| Canon EOS R6 III | Nikon Z6III | Sony a7 IV | Panasonic S1II | |
|---|---|---|---|---|
| Résolution | 33MP | 24MP | 33MP | 24MP |
| Vitesse du déclenchement (Rolling shutter) ~ms | ∼13.5ms (12 bits) | ∼14.6ms (14 bits) | ∼67.6ms (14 bits) | ∼14.6ms (14 bits) |
Autant le Canon que le Sony proposent une augmentation d’environ 16 % de la résolution linéaire par rapport aux modèles 24 MP, ce qui n’est pas aussi important que ce que l’on pourrait attendre juste à partir des chiffres, mais cela demeure bénéfique pour capturer des détails fins.
Alors que le R6 III offre les vitesses de lecture les plus rapides, il convient de noter qu’il y parvient en produisant des RAW 12 bits, comparé aux RAW 14 bits proposés par ses concurrents. Cela limitera sa plage dynamique et introduira du bruit dans les ombres les plus profondes par rapport à ses adversaires, mais cela ne sera problématique que lorsque l’on photographie en mode obturateur électronique (même si c’est là que la vitesse de lecture pose le plus de souci). Bien que le Z6III souffre aussi d’un peu plus de bruit dans les ombres, c’est plutôt dû à des niveaux plus élevés de bruit de lecture, un problème apparemment non partagé par le S1II, du moins en mode obturateur mécanique.
Les vitresses défilantes sont particulièrement pertinentes pour le a7 IV, qui présente des vitesses de lecture nettement plus lentes que ses pairs. Cela vous empêche d’utiliser son mode obturateur électronique pour capturer la plupart des sujets en mouvement sans risquer des artefacts de mouvement.
Autofocus
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Le EOS R6 III est doté d’un système autofocus amélioré, que Canon affirme s’appuyer sur les algorithmes de ses modèles phares EOS R1 et R5 II. Comme la plupart des autres modèles, il a été entraîné à reconnaître plusieurs types de sujets et offre plusieurs options pour sélectionner votre point d’autofocus.
| Canon EOS R6 III | Nikon Z6III | Sony a7 IV | Panasonic S1II | |
|---|---|---|---|---|
| AF subject detection | – Humain – Animal (Chien / Chat / Oiseau / Cheval) – Véhicule (voiture, moto, avion, train) – Automatique |
– Humain – Chien/Chat – Oiseau – Avion – Voiture – Moto / Vélo – Train – Automatique |
– Humain – Animal – Oiseau |
– Humain – Animal – Avion – Train – Véhicules Moto / Vélo |
Alors que le S1II manque d’un mode de détection automatique du sujet, le souci majeur réside dans ses performances. Dans nos tests, nous l’avons trouvé moins fiable en suivi que ce à quoi nous étions habitués chez Nikon, Canon et Sony et, contrairement à ses concurrents, il ne bascule pas sur un suivi générique en mode reconnaissance de sujet, ce qui demande une plus grande vigilance quant à vos réglages pour certains types de prises de vue. Il dispose toutefois d’un mode de reconnaissance « Urban Sports » conçu pour reconnaître les humains même lorsqu’ils adoptent des positions corporelles inhabituelles, comme lorsqu’ils font du breakdance ou du skateboard.
Le Sony a7 IV n’est pas aussi loin derrière que le laisserait penser le tableau, car son système de suivi est encore extrêmement capable. Cependant, il ne bénéficie pas du dernier système AF de Sony, qui s’appuie sur un coprocesseur et prend en charge davantage de types de sujets et une reconnaissance humaine plus complexe.
Prise de vue en continu et pré-prise
L’une des améliorations notables du EOS R6 III est le fait que son mode de pré-prise de rafale n’exige plus d’entrer dans le mode Raw Burst spécial, qui ne capturait pas en JPEG et stockait les images capturées dans un nouveau format non largement pris en charge avant de les exporter ensuite dans un Raw standard. Désormais, il s’agit simplement d’une option que vous pouvez activer lorsque vous êtes en mode de tir en rafale « H+ » à 40 fps et en utilisant l’obturateur électronique.
| Canon EOS R6 III | Nikon Z6III | Sony a7 IV | Panasonic S1II | |
|---|---|---|---|---|
| Vitesse de rafale | 12fps méc. 40fps obturateur électronique |
14fps méc. 20fps obturateur électronique 60fps JPEG-only |
6fps RAW compressé sans perte 10fps RAW avec perte |
10fps méc. 70fps obturateur électronique |
| Pré-prise | Oui, jusqu’à 0,5 s | Oui (JPEG uniquement) | Non | Oui, jusqu’à 1,5 s |
Les appareils Canon, Nikon et Panasonic présentent tous un certain degré d’inflexibilité en matière de rafale et de pré-rafale. Le Canon et le Panasonic, par exemple, ne permettent pas d’ajuster les fréquences d’images dans chaque mode de rafale, ce qui est particulièrement noticeable sur le S1II, qui n’offre pas d’options entre le 10fps « pédestrian » et le 70fps qui vide le buffer. Nikon vous donne plus de contrôle à cet égard, mais ses vitesses de rafale les plus rapides et les options de pré-rafale ne concernent que le JPEG, vous laissant moins de marge pour l’après-coup.
Le a7 IV, quant à lui, vient d’une époque où la pré-rafale n’était pas standard dans cette catégorie d’appareils et ne propose aucune option pour cela. Ses vitesses de rafale sont également assez lentes, car il doit compter sur son obturateur mécanique ; son obturateur électronique n’est tout simplement pas assez rapide pour la prise de vue continue.
Viseur et écran
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Le Canon EOS R6 III reprend le même viseur électronique et le même écran arrière que son prédécesseur, qui paraissent peut-être un peu vieillissants par rapport aux écrans plus grands et à résolution plus élevée présents sur le Nikon Z6III et le Panasonic S1II.
| Canon EOS R6 III | Nikon Z6III | Sony a7 IV | Panasonic S1II | |
|---|---|---|---|---|
| Résolution/ grossissement/ oeilleton |
3.69M dots 0.76x 23mm |
5.76M dots 0.8x 21mm |
3.69M dots 0.78x 23mm |
5.76M dots 0.78x 21mm |
| Ecran arrière | 3.0″ 1.62M dots Totale articulabilité |
3.2″ 2.1M dots Totale articulabilité |
3.0″ 1.03M dots Totale articulabilité |
3.2″ 1.84M dots Inclinaison + Articul. Totale |
Ce qui distingue vraiment le S1II, toutefois, est son mécanisme d’articulation. Il permet de le basculer vers le haut ou le bas dans l’axe du capteur de l’appareil, tout en permettant de l’articuler complètement pour faciliter le tournage vidéo. Le mécanisme de bascule supplémentaire offre aussi plus d’espace si vous avez des branchements portuaires, tels que des écouteurs, des micros ou un HDMI branché. Bien que le Z6III possède un écran plus standard à articulation complète, la société affirme que son viseur est le plus lumineux du marché, atteignant jusqu’à 4000 nits.
Canon, Nikon et Panasonic émulent une expérience sans occultation dans certains modes de rafale, mais ils le font en affichant le frame précédent capturé, plutôt qu’une vue en direct de ce que vous filmez.
Vidéo – résolution, fréquences d’images et flux de travail
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Les plus grandes améliorations du EOS R6 III concernent ses capacités d’enregistrement vidéo. Il rattrape le reste du marché en gagnant l’enregistrement Raw interne, des outils tels que la forme d’onde et la couleur fausse et, chose bienvenue, la possibilité de régler la balance des blancs en direct, sans avoir à prendre d’abord une photo.
| Canon EOS R6 III | Nikon Z6III | Sony a7 IV | Panasonic S1II | |
|---|---|---|---|---|
| Résolutions vidéo | 7K DCI/60 (Raw) 7K/30 open-gate 4K/120 (plein cadre) 1080p/180 (plein cadre) |
6K/60 (Raw) |
UHD 4K/30 (plein cadre) UHD 4K/60 (1.5x crop) |
6K/30 3:2 (Raw / open gate) |
| Vidéo non compressée | C-Raw Over HDMI |
N-Raw ProRes Raw |
Over HDMI | ProRes Raw Over HDMI |
| Outils d’aide vidéo | Superposition de couleur fausse Forme d’onde Aides Log |
Forme d’onde Aides Log Angle d’obturateur |
Aide Log | Forme d’onde Couleur fausse Vectorscope Déseuillage anamorphique Angle d’obturateur Aides Log Enregistrement LUT personnalisé |
Le EOS R6 III pourrait être l’une des meilleures options pour les amateurs de slow-motion, car il offre non seulement une récupération oversamplée en plein cadre à 60p, mais aussi du 120p en plein cadre. Cependant, il semble que cela soit obtenu par sous-échantillonnage des séquences, ce qui n’est pas nécessairement le cas avec les modes recadrés sur les capteurs partiellement empilés.
Le S1II reste l’une des options hybrides les plus performantes du marché, offrant pratiquement toutes les options d’enregistrement et outils d’assistance imaginable. Son grand avantage réside toutefois dans son ventilateur intégré, qui permet d’étendre les durées d’enregistrement au-delà de ce que certains autres appareils de cette liste peuvent supporter. Il est aussi le seul appareil hybride sans miroir de cette catégorie à supporter l’enregistrement audio 32 bits float, bien que vous deviez disposer d’un adaptateur XLR externe pour l’activer (contrairement au modèle ZR de Nikon,plus axé vidéo, qui peut le faire en interne). Il dispose également d’un mode Dynamic Range Boost qui permet une plage dynamique accrue, au prix d’un saut des vitesses de défilement au-dessus de 30 ms, ce qui les rend peu pratiques pour filmer la plupart des sujets en mouvement.
La plupart des appareils de cette catégorie excellent à la fois en photos et en vidéo
Le Z6III est également très capable en vidéo, avec le seul véritable inconvénient par rapport au EOS R6 III et au S1II étant l’absence d’un mode « open gate », qui offre plus de flexibilité en post-production pour le recadrage, ou pour réaliser une vidéo horizontale et verticale à partir d’un seul clip.
Cette option manque également au a7 IV, mais il est montré par son âge dans d’autres aspects plus critiques. Malgré un capteur à résolution plus élevée, il plafonne à l’enregistrement 4K, même si c’est au moins sur-échantillonné à partir d’une capture en 7K. Il n’offre pas non plus d’enregistrement Raw interne, et n’inclut pas bon nombre des outils d’assistance désormais standards.
Vidéo – obturateur défilant
Le EOS R6 III affiche d’impressionnantes performances d’obturateur défilant pour un capteur qui n’est pas partiellement empilé, même dans ses modes sur-échantillonnés, qui proviennent d’une capture 7K.
| Canon EOS R6 III | Nikon Z6III | Sony a7 IV | Panasonic S1II | |
|---|---|---|---|---|
| Open-gate | 17.9ms | — | — | ∼14.8ms ∼33.7ms (mode DR Boost) |
| UHD >4K capture | 14.3ms (4K, oversampled) | 9.5ms (6K) | 27.4ms (4K oversampled) | N/A |
| UHD 4K standard | 7.2ms | 9.5ms | — | 12.5ms |
Les caméras Panasonic, Nikon et Canon affichent des taux d’obturateur défilant plus que suffisants dans tous leurs modes, à l’exception du réglage DR Boost du S1II. Cela signifie qu’il n’est pas nécessaire de s’inquiéter pour savoir si votre sujet ou votre appareil bouge trop vite pour vos réglages.
Le Sony est différent; le seul mode capable de capturer des sujets en mouvement rapide sans trop de distorsion est son mode 4K/60, qui est accompagné d’un recadrage 1,5x, modifiant considérablement son champ de vision. Il est possible de contourner cette limitation, mais cela mérite vraiment d’être envisagé si vous prévoyez de faire beaucoup de travail vidéo.
Ports et stockage
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Cette section a peut-être le moins à discuter, car la plupart des marques se sont installées dans une disposition relativement standardisée. Le EOS R6III, le Z6III et le S1II disposent tous d’un port CFexpress Type B associé à un port SD UHS-II, d’entrées pour casque et microphone et d’un port HDMI pleine taille.
Le cas à part est Sony. Si le a7 IV offre la même sélection de ports, il opte pour CFexpress Type A. C’est un emplacement à double format qui peut également être utilisé avec des cartes SD standard, ce qui pourrait rendre le tir sur deux cartes moins cher, selon vos besoins, mais le appareil est limité à des vitesses UHS-II.
Canon et Sony ont également équipé leurs appareils d’une griffe porte-accessoires numérique, qui peut être utilisée non seulement pour un flash, mais aussi avec d’autres accessoires, tels que des microphones ou des adaptateurs XLR.
Batterie
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Le domaine dans lequel le EOS R6 III est nettement moins performant que son prédécesseur est l’autonomie de batterie ; les features supplémentaires ont un coût et il offre environ 12 à 15 % de photos en moins par charge que l’EOS R6 II.
| Canon EOS R6 III | Nikon Z6III | Sony a7 IV | Panasonic S1II | |
|---|---|---|---|---|
| Autonomie EVF / LCD | 270 / 510 | 360 / 390 | 520 / 580 | 360 / 320 |
Comme toujours, les ratings CIPA ont tendance à sous-estimer le nombre réel de photos que l’on peut capturer avec une seule charge ; il n’est pas rare d’obtenir le double de ce qui est indiqué dans la pratique. Cependant, il est clair que Canon et, dans une moindre mesure, Nikon et Panasonic ont sacrifié une partie de l’autonomie pour leurs fonctions avancées.
En revanche, Sony sort du lot. Bien que nous puissions recommander d’emporter une batterie de rechange ou deux pour un week-end de tir intensif avec le EOS R6 III, le Z6III ou le S1II, nous serions plutôt confiants à sortir de chez soi avec une seule batterie chargée pour notre a7 IV.
Les extras
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Il y a des éléments qui ne s’intègrent pas facilement dans une fiche technique. Par exemple, alors que les appareils de ce tour d’horizon se situent dans une catégorie de taille et de poids approximativement équivalente (bien que le S1II soit nettement le plus lourd du lot), nous constatons que le a7 IV ne se sent pas aussi confortable à tenir que les autres modèles de ce tour.
Il y a aussi la question de la sortie HDR, qui devient une option de plus en plus intéressante à mesure que l’industrie s’accorde sur des formats d’image largement compatibles, et que de plus en plus d’écrans peuvent afficher correctement du contenu HDR. Bien que tous les appareils puissent enregistrer une vidéo HDR, il convient de noter que la fonction HLG HEIF du a7 IV se fait au détriment de l’enregistrement Raw. Les autres appareils de ce tour d’horizon peuvent capturer des fichiers Raw et HDR HEIF simultanément, mais Sony vous oblige à choisir l’un ou l’autre.
Il est également à noter que Canon et Nikon exercent davantage de contrôle sur les objectifs qui peuvent être créés pour leurs montures, tandis que Sony ou Panasonic ne le font pas aussi strictement ; les deux entreprises ont montré une volonté d’interdire les objectifs tiers qu’ils ne veulent pas fabriquer. Sony, toutefois, n’est pas entièrement sans reproche dans ce domaine non plus ; bien que des sociétés comme Sigma, Viltrox, 7artisans et d’autres aient produit une large gamme d’objectifs tiers pour la monture E, ils restent tous limités à 15fps de prise de vue, une restriction qui n’est pas imposée sur les versions à monture L.
Résumé
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À ce stade, il devrait être clair que le EOS R6 III est une offre compétitive dans le marché des boîtiers plein cadre destinés au niveau utilisateur passionné, bien qu’il ne soit pas totalement dominant. Chaque modèle de cette gamme présente des compromis par rapport aux autres ; opter pour le Panasonic vous donne l’un des meilleurs designs d’affichage et suite de fonctionnalités vidéo, au détriment d’un autofocus moins fiable, tandis que Nikon bénéficie d’un autofocus excellent mais n’inclut pas des éléments comme l’enregistrement en open gate ou la photographie RAW en rafale rapide. Et les deux possèdent une résolution inférieure à celle du Canon, mais disposent de capteurs plus rapides.
Comme cela a été le fil directeur, le a7 IV est vraiment l’élément étrange à ce stade. Il est bien plus ancien que les autres, et cet âge se voit dans de nombreux aspects de son design et de ses capacités aussi bien pour les photos que pour la vidéo. Cependant, le choix d’objectifs disponibles pour lui est irréfutable, et son autofocus est encore au moins dans la discussion avec Nikon et Canon, malgré une génération de retard par rapport au meilleur de Sony.







